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Anne Greenup

Lauréat 

Janvier

1998

Née aux États-Unis, Anne Greenup a émigré au Québec à la fin du 19e siècle. Elle s’installa à Montréal, et c’est ici, avec l’aide de sept autres femmes américaines, qu’elle fonda de Coloured Women’s Club of Montreal (CWCM), la première organisation féminine noire au Canada.

Le tournant du siècle fut marqué par l’avènement du capitalisme et la multiplication des groupes de solidarité. Ces groupes virent le jour pour lutter en partie contre les conséquences sociales et négatives de l’industrialisation. Ils étaient constitués principalement de femmes croyantes de la communauté et de nanties. Les femmes noires qui vivaient dans des conditions difficiles étaient exclues de ces groupes d’entraide. Ces femmes qui travaillaient comme domestiques et manœuvres étaient les femmes d’ouvriers du chemin de fer, alors il était tout naturel qu’elles ne soient pas admises dans cercles fermés. C’est pour répondre aux besoins spécifiques de sa communauté (le quartier Saint-Antoine qu’on appelle aujourd’hui Petite-Bourgogne) qu’Anne Greenup et son groupe de six se mobilisèrent dans ce quartier pour fonder le Coloured Women’s Club. Il s’agissait d’une organisation consacrée à l’entraide et à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

Au fil des ans, Anne Greenup et son groupe de femmes dédiées ont accueilli et aidé plusieurs familles noires dans le besoin. Grâce à leur vision, elles répondirent aux besoins spirituels, matériels et émotionnels de toute la communauté. Anne Greenup mit sur pied des abris temporaires pour les soldats de retour de la Guerre des Boers. Au cours de cette période, elles prirent soin des blessés, pansèrent leurs plaies et organisèrent des soupes populaires.

C’était aussi à l’époque des épidémies en 1901 et 1902 que le CWCM passa de club social à association caritative. En 1907, CWCM contribua à la fondation de l’Église Union United de Montréal, et qu’il créa en partenariat avec l’Église des bourses pour les étudiants noirs. Ces femmes firent du bénévolat dans les hôpitaux de Montréal, consolèrent des mères célibataires et aidèrent les sans-abri et les chômeurs. Le CWCM acheta même des sépultures au cimetière Mont-Royal pour que les nécessiteux puissent tout de même être enterrés dans la dignité.

Aujourd’hui, on ne sait que peu de choses sur la vie personnelle d’Anne Greenup ou sur ses accomplissements. Grâce à sa détermination et celle de ses six collègues, le CWCM est devenu un véritable phare pour la communauté noire.
Leurs œuvres de bienfaisance et de charité furent reconnues en 1997 par le ministère des Relations avec les Citoyens et de l’Immigration du Québec. Le prix de la solidarité remis par le gouvernement du Québec a été nommé le Prix Anne-Greenup pour la solidarité. Cette reconnaissance souligne la contribution exemplaire de cette femme et de son club dans leur lutte à l’exclusion sociale et économique, leur combat pour l’égalité et leurs efforts pour dresser des ponts entre les communautés et les regroupements sociaux. Ce prix coïncide avec les célébrations des nombreuses années d’existence du club. Le Prix Anne-Greenup pour la solidarité est remis aujourd’hui aux individus et organisations qui contribuent à la construction de réseaux de soutien, qui établissent des liens de solidarité entre les générations et qui renforcent le sentiment d’appartenance des citoyens à la nation.

Bien que le club ait été fondé par des femmes américaines, il compte maintenant des femmes de tout horizon de partout à travers les Caraïbes et le Canada.

Lauréat

Janvier

1998